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2018 : la campagne sous l’influence des excès climatiques

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Une moisson 2018 précoce

La campagne 2018 est encore inachevée, les tournesols, sojas, et maïs grain restent à récolter. Premier bilan en grandes cultures.

Le réchauffement climatique et tous ses excès donnent leur pleine mesure :

- de fortes précipitations de novembre à janvier saturent les sols en eau et provoquent des dégâts importants dans les argiles hydromorphes et les limons battants. De fin avril à juin, des orages conduisent à un arrosage hétérogène avec des conséquences pour la  fertilité des épis, le développement des maladies de fin de cycle et le remplissage des grains,
- un mois de février froid et sec favorise les premiers semis des cultures de printemps,
- des températures dans les normes à l’automne, douces en hiver excepté en février, puis élevées à partir d’avril : les cultures d’été lèvent rapidement et les cycles de végétation s’accélèrent. Les moissons démarrent le 20 juin, des ensilages de maïs fin juillet.

En 2018 les assolements évoluent, en raison de l’offre climatique, la maîtrise des flores adventices et la sécurisation des marges. Ainsi, les cultures de printemps et d’été progressent mais ne représentent pas plus de 20 % des surfaces (voir tableau).



   Les rendements 2018
(résultats enquête Groupe gestion de parcelles CDA 57 2018)

 

Les cultures d’automne procurent des rendements inférieurs à la moyenne des résultats obtenus les vingt dernières campagnes. Mais plus que la moyenne, c’est l’hétérogénéité des résultats qui caractérise la campagne :
- le colza d’hiver : les excès d’eau qui ont provoqué des ruptures d’alimentation, le froid de février qui a réduit les biomasses, les chaleurs d’avril et les insectes ont limité le nombre de siliques. Par ailleurs, dans ces parcelles impactées, le colza a subi la concurrence de laiterons, matricaires, chardons, occupant les espaces libérés par la disparition du colza.
- le blé d’hiver : les rendements les plus bas se situent dans des argiles hydromorphes, des limons froids et battants, des parcelles fortement enherbées. Les blés de paille, conséquence d’assolements modifiés suite à une sole de colza réduite lors de la campagne 2017 et certains blés de maïs (choix variétal) décrochent.
- l’orge d’hiver : les populations épis ont aussi été pénalisées dans les argiles lourdes et hydromorphes, les limons battants, les parcelles fortement enherbées. ETINCEL, variété brassicole, occupe l’essentiel des surfaces enquêtées.

La bonne surprise vient des cultures de printemps, en particulier les orges, semées de fin février à début mars sur des sols ressuyés. RGT PLANET constitue la variété de référence et présente les qualités requises pour la brasserie. Les pois se situent à des niveaux supérieurs à ceux des années précédentes mais voient leur surface limitée par la législation des SIE (Surfaces d’intérêt écologique).

Malgré une productivité moyenne, les marges dégagées par les céréales s’avèrent de bonne tenue en raison de cours porteurs en ce mois d’août (proches de ceux des années 2007 et 2012) mais aussi une maîtrise des charges (coût des semences limité, protection fongicide à minima, fumure de fond réduite ou absente par manque de trésorerie, mais désherbage en hausse).

La récolte des cultures d’été a débuté. Si en 2017, ces cultures avaient compensé les déficits de marges des cultures d’automne et de printemps, elles se retrouvent fortement pénalisées par la canicule et une sécheresse persistante.

Tout cela démontre l’intérêt des assolements introduisant des cultures d’automne, de printemps et d’été. Ces assolements sécurisent les marges même s’ils ne révèlent pas parfois les plus performants.

Jean-François MERY et Xavier PIQUARD
Service agro-environnement
Tél : 03 87 66 12 44
mail : jean-francois.mery@moselle.chambagri.fr
mail : xavier.piquard@remove-this.moselle.chambagri.fr