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Détail de l'actualité

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Le tarissement, étape importante dans la carrière d’une vache

L’objectif est double : curatif car le tarissement favorise la guérison des infections sub-cliniques, et préventif car il permet d’éviter les nouvelles infections.

Le tarissement est l’arrêt de la sécrétion lactée, autrement dit la période pendant laquelle la vache n’est plus traite. C’est le repos de la mamelle et c’est aussi, en cas de traitement antibiotique, une phase d’élimination des infections mammaires.

La vache doit être en état corporel correct, c’est-à-dire qu’il faut viser une note de 2.5 à 3, car le tarissement n’a pas pour objectif une reprise de poids.

Un tarissement au cas par cas

Au tarissement, il convient d’utiliser un obturateur pour les vaches à moins de 100 000 cellules au cours de la lactation et/ou un antibiotique pour les vaches à soucis cellulaires. Les vaches atteintes de mammites cliniques seront traitées avant de tarir.

Quelques précautions doivent être respectées avant, pendant et après le tarissement pour obtenir les meilleurs effets. Avant de réaliser le tarissement, il convient de se laver les mains puis désinfecter le bout de la mamelle avec les lingettes prévues à cet effet (1 / trayon). Autres gestes essentiels, remonter le produit antibiotique dans la mamelle et bloquer l’obturateur à la base du trayon. Une fois le tarissement terminé, il faudra effectuer le post trempage.

Un tarissement pas à pas

Le tarissement entraine des modifications morphologiques et physiologiques de la mamelle. La durée idéale du tarissement est de 45 à 60 jours. On distingue trois phases : involution, phase intermédiaire, régénérescence. Le tarissement est une période à risques. Voici quelques préconisations pour les limiter.

La première consiste à diminuer voire supprimer les concentrés pour les vaches fortement productives 15 jours avant le tarissement. Une fois le tarissement réalisé, quelques soient les vaches, il est conseillé de les isoler du reste du troupeau, que ce soit dans une pâture spécifique en été ou en box l’hiver. Le box idéal a une surface minimum de 6 m² / vache, il est curé fréquemment surtout si les vêlages s’y déroulent et il est paillé quotidiennement (1 kg de paille sèche / m²/jour et double dose le jour du curage). Après le logement et l’hygiène, un point d’attention tout particulier doit être apporté à l’alimentation. Elle sera adaptée avec la distribution : 10 kg de la ration des vaches laitières, sauf si celle-ci contient du bicarbonate, le reste étant de la paille ou du foin. La réintroduction des taries dans le troupeau peut se faire 15 jours avant la date prévue du vêlage, qui se déroulera dans un box réservé à cet effet.

Les facteurs individuels de l’animal sont aussi des éléments à prendre en compte pour apprécier la conduite à tenir au moment du tarissement : la génétique, le nombre de lactation, les problèmes métaboliques, l’historique cellulaire de la vache …

Les résultats

On jugera l’efficacité du tarissement aux résultats cellulaires de la lactation suivante : 85 % de guérison minimum et 15 % maximum de nouvelles infections (voir bilan cellulaire et mammites du Contrôle laitier). Pour piloter la gestion du tarissement, les CCI (comptages cellulaires individuels) ainsi que l’enregistrement des mammites cliniques sont des informations très importantes.

Le tarissement est une phase importante de la lactation. Il conditionne la carrière suivante de la vache. Un tarissement négligé peut entrainer la réforme d’une laitière et ne pas tarir  compromet la lactation suivante de l’ordre de 800 litres de lait en moins. Alors n’hésitez pas à noter ou saisir tous ces évènements en cours de lactation. C’est un moyen simple pour permettre aux personnes intervenant sur votre élevage d’adapter leur conseil rapidement et efficacement.

Laurent COMTE
Conseiller spécialisé qualité du lait
Tél. : 06 81 26 09 71
mail : laurent.comte@remove-this.moselle.chambagri.fr