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Détail de l'actualité

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Les couverts en interculture, plusieurs stratégies

Couvert en mélange d’espèces

Au-delà des considérations réglementaires (SIE, Zones Vulnérables), les couverts d’intercultures peuvent rendre des services très intéressants, selon les objectifs que vous vous êtes fixés.

On peut distinguer 3 grands objectifs qui peuvent se combiner entre eux : réglementaires, fourragers, agronomiques.

Les objectifs agronomiques méritent une attention toute particulière. Les intercultures sont l’occasion d’améliorer certains aspects essentiels de la vie du sol : structuration, niveau de matières organiques, fixation d’azote, lutte contre les adventices, couverture du sol, rupture du cycle des pathogènes,…

Quels que soient les objectifs visés, il ne faut pas perdre de vue l’aspect économique. On privilégiera des semences de ferme pour limiter les coûts, sans se priver de l’achat de certaines espèces plus difficiles à produire soi-même mais qui peuvent devenir essentielles pour atteindre les objectifs.

Privilégier les mélanges

Les mélanges d’au-moins trois espèces sont recommandés, jusqu’à six au maximum. Les légumineuses sont incontournables (pois, féveroles, trèfles, vesces) et leur proportion sera plus importante dans le mélange en cas de restitution de paille pour fixer de l’azote aérien qui facilitera leur décomposition.

Interculture longue ou courte

C’est un critère de choix très important. En interculture courte (2-3 mois) on utilisera des espèces à croissance rapide comme la moutarde blanche, le sarrasin, la phacélie ou le trèfle incarnat.

L’interculture longue, avant une culture de printemps, permet de viser une biomasse plus importante et éventuellement de récolter une culture dérobée pour les éleveurs. Dans ce dernier cas, des espèces comme l’avoine de printemps, le pois, les ray-grass d’Italie et certains trèfles sont adaptées.


Légende : Racine de féverole

Adaptation à la culture suivante

Il faut choisir les espèces en fonction de la culture suivante pour éviter certains risques au niveau du désherbage, des ravageurs et des maladies. Il faut également éviter les graminées avant une céréale, ou le sarrasin avant un tournesol par exemple.

Penser destruction du couvert

Dès le semis la stratégie de destruction doit être prévue : récolte, labour, roulage, herbicide ou tout simplement le gel en choisissant des espèces sensibles au froid. Du point du vue agronomique on considère qu’un couvert a atteint son stade idéal en début floraison.


Légende : Mélange avoine / pois

Soigner le semis

C’est l’étape clé. Réserver le semis à la volée aux petites graines avec un déchaumage superficiel et un roulage. Pour les autres espèces faire un semis classique, ou semis direct avec un semoir adapté. En général il vaut mieux éviter de dessecher le sol par un travail trop profond  et pénaliser ainsi la levée. Enfin, le semis juste après la moisson permet de profiter d’une certaine humidité résiduelle du sol pour faciliter la levée du couvert.

Attention à la rémanence de certains herbicides : les applications tardives ce printemps de certains produits, notamment les sulfonylurées, suivies d’un printemps plutôt sec, peuvent créer des phytotoxicités sur certaines espèces de votre couvert.

Denis GIESSINGER, chargé de mission
Service agro-environnement
Tél : 03 87 66 12 91 OU 06 78 08 36 56
Mail : denis.giessinger@remove-this.moselle.chambagri.fr