Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Détail de l'actualité

Détail de l'actualité

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Viande bovine : une année en demi-teinte

Certains éleveurs font le choix d’une intensification élevée à l’herbe. Pourtant la marge brute n’est pas corrélée avec le chargement.

Le service élevage de la Chambre d’agriculture assure des suivis technico-économiques dans une trentaine d’élevages viande bovine naisseurs et naisseur-engraisseurs. Une synthèse des résultats a été détaillée avec les éleveurs lors d’une réunion de groupe début février. Retour sur les principaux indicateurs 2017.

A commencer par la conjoncture. Les effectifs de JB français ont diminué sur l’année et ont permis un redressement des cours à partir de la mi-juillet pour finir l’année à + 6 % par rapport à 2016. Cette embellie ne se retrouve pas sur les gros bovins finis. En catégorie R, les cours se situent à – 1 % par rapport à 2016 en décembre après une période légèrement plus favorable.

Les prix des broutards sont restés relativement stables sur l’automne.

Une marge brute en léger recul

La marge brute est exprimée par UGB et hors prime. Ainsi les écarts de résultats sont dépendants des seuls facteurs techniques et économiques.

La marge brute est calculée sur la campagne qui s’étale du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017. Elle se situe à 400 €/UGB en moyenne tous systèmes confondus, soit une baisse de 25 à 30 €/UGB face à 2016.

Côté produit, nous constatons globalement un niveau identique à 2016.

Le produit est sous la dépendance du prix au kilo des différentes catégories vendues et de la productivité pondérale du troupeau.

La productivité pondérale du troupeau a légèrement progressé dans les élevages naisseur à 320 kg/UGB (+ 8 kg) et dans les élevages naisseur engraisseur à 390 kg (+ 14 kg).

Les prix des différentes catégories sont à l’image des éléments de conjoncture cités plus haut.

L’impact sur la marge brute est lié aux charges de concentré et surtout aux charges vétérinaires liées à la reproduction. En effet la qualité des fourrages, récoltés en 2016, valorisés sur l’hiver dernier, a impacté la quantité de concentré achetée et la croissance des veaux (tableau 3). Celle-ci varie d’un éleveur à l’autre mais globalement elle est en hausse de quelques euros/UGB.

L’essentiel de l’impact financier est lié aux traitements pour corriger les résultats décevants de reproduction tout au long de l’hiver dernier.

Le poste vétérinaire reproduction est en hausse de 25 €/UGB en moyenne. Malgré cette élévation de charges on mesure cette année les difficultés rencontrées à travers les retards de vêlage et le pourcentage élevé de vaches vides.

Les résultats à l’hectare sont très variables liés au chargement pratiqué. Celui-ci varie au sein du groupe de 1 UGB/ha à plus de deux en fonction de la part de maïs ensilage et prairies temporaires utilisés. Par ailleurs certains éleveurs font le choix d’une intensification élevée à l’herbe.

Ces systèmes intensifs moins autonomes, sont plus exposés en situation fourragère délicate (séchante ou humidité excessive) et paient ainsi un plus lourd tribu.

Ce qu’il faut retenir c’est que la marge brute/ha n’est pas corrélée avec le chargement. La productivité pondérale et la bonne valorisation des charges engagées sont essentielles dans le résultat du troupeau.

Même si on assiste à une réduction des poids de carcasses, cette année, la tendance est une élévation des poids de réforme de l'ordre de 3 kg par an.

 

Equipe viande : Loïc MERSON, James VEBER et Céline ZANETTI
Service élevage
Tél. :03 87 66 12 46
francoise.bolzinger@remove-this.moselle.chambagri.fr