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La productivité numérique

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La productivité numérique, facteur de réussite dans les élevages ovins du grand est

INOSYS-RESEAUX D’ELEVAGE OVINS GRAND EST

La productivité numérique, facteur de réussite dans les élevages ovins du Grand Est

Malgré la sécheresse estivale, 2018 est néanmoins une bonne année pour les systèmes herbagers de la région. Les systèmes bergerie ont, eux aussi, vu leur marge brute augmenter comparé à 2017, année décevante au niveau des prix de l’agneau sur le 1er semestre. Retour sur les résultats technico-économiques 2018 des ateliers ovins viande du Grand Est.

Des systèmes herbe sur des exploitations de taille plus réduite

L’échantillon représente 150 ateliers ovins de la région dont 84 systèmes bergerie, 40 systèmes mixtes (herbe et bergerie) et 26 systèmes herbe. Ces derniers ont une SAU de presque 100 ha avec une part d’herbe importante, la taille de la troupe est en moyenne de 424 brebis. Les systèmes mixtes sont les ateliers les plus importants de l’échantillon avec 536 brebis en moyenne pour une SAU de 117 ha. Avec 422 brebis, les systèmes bergerie se trouvent sur des exploitations plus grandes, 176 ha en moyenne.

Structure des exploitations en fonction du type d’agneaux produits, 2018

Groupes

Nombre d’exploitation

Nombre de brebis

SAU en ha

SFP dans la SAU

Bergerie

84

422

176

52 %

Herbe et Bergerie

40

536

117

84 %

Herbe

26

424

99

92 %

Total

150

454

146

67 %

Source : Synthèse des Téovin 2018 (Appui technico-économique de l’atelier ovin viande) de la région Grand Est

 

Une année marquée par la sécheresse

L’année 2018 a marqué les esprits autant par sa chaleur estivale que par son manque de précipitations. En effet, après une fin d’hiver et un printemps humides qui ont engendré une explosion de la pousse de l’herbe, celle-ci n’a pu être fauchée que tardivement impactant la qualité des fourrages récoltés. S’en est suivi une forte sécheresse qui demanda un affourragement important des animaux dès fin juillet. Les précipitations quasi-inexistantes pendant 4 mois, ont empêché de faire des 2èmes coupes et l’affourragement s’est poursuivi jusqu’à la rentrée des animaux pour beaucoup d’éleveurs, diminuant ainsi, de façon importante, le stock fourrager hivernal.

Une productivité numérique stable

La productivité numérique reflète le nombre d’agneau produit par brebis. Elle résulte de la fertilité, de la prolificité ainsi que de la mortalité agneaux. Pour les 84 ateliers bergerie, la productivité numérique atteint 122% en 2018. Elle est stable depuis 3 ans alors que les facteurs qui la composent varient. En effet, le taux de mise-bas se dégrade passant de 91% en 2016 à 87% en 2018. Aussi, le taux de mortalité augmente et dépasse les 15%, mais la prolificité s’améliore rééquilibrant ainsi le nombre d’agneaux produit par brebis.

Pour les systèmes mixtes et les systèmes herbe, la productivité s’est bien améliorée en 3 ans grâce notamment à une forte augmentation de la prolificité (jusqu’à + 11 points). Attention, on constate aussi une baisse importante de la fertilité dans ces systèmes. Cette baisse de fertilité engendre la présence d’animaux improductifs et donc des charges supplémentaires pour l’entretien de ces animaux. Il est important de réaliser des lots de repasses pour les femelles vides afin de maximiser le nombre de mises bas.

Résultats de reproduction, 2018

Groupes

Taux de Mise bas

Taux de prolificité

Taux de mortalité

Taux de productivité zootechnique

Bergerie

87 %

159 %

16 %

122 %

Herbe et Bergerie

84 %

154 %

15 %

119 %

Herbe

87 %

151 %

17 %

114 %

Total

86 %

156 %

16 %

120 %

Source : Synthèse des Téovin 2018 (Appui technico-économique de l’atelier ovin viande) de la région Grand Est

 

Une marge stable pour les systèmes herbe

Ces 3 dernières années, le prix de l’agneau d’herbe est stable à 6,1€/kgc en moyenne, avec un poids de carcasse en baisse à 19,5 kgc, les agneaux d’herbe partent à 119 €. En lien avec une productivité numérique et pondérale qui augmente, le produit par brebis s’améliore de 2,5€. Cependant, la production de ces agneaux d’herbe demande davantage de concentrés, la hausse est de +10% de concentré par brebis, passant de 128 kg en 2016 à 141 kg en 2018. Les charges alimentaires par brebis prennent 2€ atteignant 36€/brebis. Au final, la marge brute hors prime par brebis est de 70€, elle est stable sur les 3 dernières années.

Analyse de la marge brute, 2018

Groupes

(en €/brebis)

MB hors aides

Produit brut hors aides

Charges opération-nelles

Dont alimen-tation directe

Dont frais d’élevage

Bergerie

51 €

130 €

80 €

58 €

18 €

Herbe et Bergerie

51 €

115 €

64 €

42 €

19 €

Herbe

70 €

131 €

61 €

36 €

21 €

Total

54 €

126 €

72 €

50 €

18 €

Source : Synthèse des Téovin 2018 (Appui technico-économique de l’atelier ovin viande) de la région Grand Est

 

Des résultats fluctuants d’une année sur l’autre pour les systèmes bergerie

En comparant 2018 aux 2 années précédentes, il s’agit d’une année moyenne pour les systèmes bergerie. En effet, les résultats 2018 sont meilleurs que 2017 où la marge brute par brebis avait fortement chuté (6€/brebis) par rapport à 2016. En 2018, grâce au prix de l’agneau en hausse, passant de 6€ à 6,3€ /kgc, soit + 3€ par agneau, cela permet d’augmenter la marge brute hors prime de 4€ par rapport à 2017 pour atteindre 51,3€ par brebis. Les charges alimentaires pèsent lourds dans les systèmes bergerie, elles ont augmenté de +11% depuis 2016 en particulier à cause du prix des aliments, alors que les quantités consommées n’ont augmenté que de 4%.

 

La productivité, la clé du revenu malgré les charges engagées

Quelque soient les systèmes, les éleveurs ayant la meilleure marge brute sont ceux avec la meilleure productivité numérique. Que cela soit en système herbe ou en système bergerie, les éleveurs du tiers supérieur produisent en moyenne un demi agneau de plus par brebis que les éleveurs du tiers inférieur. En système bergerie, cela leur permet d’avoir une marge brute hors prime par brebis de 87€ et en système herbe d’atteindre 115€.

Les éleveurs plus performants ont des charges adaptées au niveau de productivité, avec dans les systèmes bergerie une consommation de 8 kg de concentrés par kg de carcasse d’agneau produit. Dans le cas inverse, les charges incompressibles par brebis ne sont pas compensées par suffisamment de produit, avec une consommation de presque 14 kg de concentrés par kg de carcasse d’agneau produit en système bergerie.

Consommation de concentré et productivité des systèmes bergerie, 2018

Groupes de Solde sur
Coût Alimentaire

SCA / Brebis

Agneau / brebis

Kg concentrés tot par brebis

Kg concentrés tot par kg carc agneau

Concentrés tot par brebis

Tiers Inférieur

51 €

0,91

240

13,6

52 €

Tiers Médian

82 €

1,14

218

10,0

50 €

Tiers Supérieur

123 €

1,43

222

7,9

50 €

Système Bergerie

86 €

1,16

227

10,5

51 €

Source : Synthèse des Téovin 2018 (Appui technico-économique de l’atelier ovin viande) de la région Grand Est

 

Pour les systèmes herbe, les meilleurs sur la marge brute affichent les charges opérationnelles les plus importantes avec 68€ par brebis soit +7€ par rapport à la moyenne. Ici, ce ne sont pas les quantités de concentré qui font augmenter les charges. Ces éleveurs affichant les meilleurs marge brute ont une très bonne efficacité alimentaire, seulement 127 kg de concentré par brebis contre 142kg en moyenne. Les frais divers d’élevage comprenant notamment les frais vétérinaire sont plus élevés dans ce groupe. Cela se traduit par le fait que ces systèmes misent sur l’état sanitaire de leur brebis pour garantir leur production d’agneaux.

On retiendra que 2018 confirme tout l’intérêt de l’élevage ovin, malgré des disparités et des marges de progrès importantes pour un tiers des éleveurs. Les leviers sont multiples, ils sécurisent ainsi l’obtention de bons résultats technico-économiques.

 

 

Pour l’équipe des réseaux d’élevage ovins, Christelle Vaillant (CA57) et Gilles Saget (Institut de l’élevage)

Contact : christelle.vaillant@remove-this.moselle.chambagri.fr