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Des parlementaires mosellans mobilisés pour rencontrer la nouvelle équipe de la Chambre d’agriculture

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Pour sensibiliser à l’impact du projet de réduction de 15 % de la TFNB pour les Chambres d’agriculture, le Bureau réuni le 26 août a décidé d’inviter les parlementaires mosellans sur deux exploitations. L’occasion de présenter les actions méconnues financées par l’impôt.

 

L’ouverture a été le fer de lance de la nouvelle équipe d’élus de la Chambre d’agriculture lors des élections de janvier dernier. Aujourd’hui, cette ouverture se poursuit avec une volonté forte de dialoguer avec les acteurs du territoire et de coconstruire des projets. Le Président Xavier Lerond, après avoir remercié la mobilisation des parlementaires, a rappelé la place de la Chambre d’agriculture « au carrefour entre la profession, les collectivités et les concitoyens ».

 

Un paysage façonné par les agriculteurs

Première rencontre entre CA57 et parlementaires, vendredi dernier, chez Jean-Philippe Weisse, polyculteur-éleveur allaitant à Colligny, qui a témoigné de l’accompagnement de la Chambre d’agriculture sur les exploitations et Proj’haies. Depuis 2017, Proj’haie regroupe une douzaine d’agriculteurs qui se mobilisent pour recréer des continuités écologiques sur leurs parcelles. Cette action est une belle illustration du pouvoir fédérateur de la Chambre d’agriculture qui a rassemblé autour d’une même réponse à appel d’offres la communauté de communes Haut Chemin Pays de Pange et le lycée agricole de Courcelles-Chaussy. « Ce type d’initiative a vocation à faire boule de neige » se félicite Jean-Philippe Weisse. « Notre point fort c’est le maillage territorial » rappelle Estelle Pochat, 1ère vice-présidente de la CA57 « c’est ce qui permet une politique fine du territoire ». Pour Sébastien Mangin élu en charge de l’agro-environnement à la CA57 « il ne faut pas oublier que ce sont les agriculteurs qui façonnent le paysage et ils limitent leur impact sur la ressource en eau ». Jérôme Noirez, membre associé du Bureau, a rappelé aux parlementaires que : « les agriculteurs travaillent avec du vivant. Les cycles de production sont longs. Il faut du temps pour s’adapter. Il faut anticiper ». Xavier Lerond en est convaincu : « Le travail de la Chambre d’agriculture favorise cette anticipation notamment grâce à la constitution et au suivi de références. Elles sont d’autant plus nécessaires qu’il s’agit de faire face au changement climatique. Un exemple : le bulletin de santé du végétal (BSV), financé par l’impôt, profite à tous » et de poursuivre : « Aujourd’hui les agriculteurs utilisent moins de produits chimiques qu’il y a trente ans et ils sont formés pour les utiliser. On a hâte de proposer de nouvelles solutions innovantes ».

Messages entendus par Richard Lioger, Jean-Marc Todeschini et Jean-Louis Masson.

 

Vers un nouveau modèle en élevage : une solution environnementale

Lundi, c’est à Petit-Tenquin, chez Philippe Houpert éleveur de prim’holstein, que se sont rendus Hélène Zannier, Nicole Trisse, Fabien Di Filippo et Christophe Arend. Le GAEC Imhoff-Houpert a négocié un virage avec une production de lait non OGM à la demande de la laiterie. Pour Arnaud Gresset, leur conseiller nutrition à la Chambre d’agriculture «  techniquement, il y a toujours des solutions, mais c’est le modèle économique qui décide ». « On veut conserver l’élevage » martèle Xavier Lerond. « L’élevage, les prairies, c’est la solution environnementale. L’enjeu actuel de l’élevage c’est la mutation. Les Chambres d’agriculture travaillent sur un nouveau modèle en lien avec le plan protéine et l’introduction de luzerne, méteil, …». Michèle Dietsch, élue en charge de la production laitière à la CA57 craint que la possible réduction d’impôts ne permette plus aux Chambres d’agriculture d’accompagner les agriculteurs à un moment où il leur est demandé plus que jamais de s’adapter.

 

Consolider les filières …

Différents modèles de productions coexistent sur le département et la Chambre d’agriculture joue la complémentarité. Stéphane Ermann, vice-président en charge de l’élevage et de l’agriculture biologique affiche fièrement la 1ère place en 2017 de la Moselle à l’échelle du Grand Est avec 10 % d’agriculteurs en bio, soit 7,7 % des surfaces. Pour cause, l’organisation de la CA57 qui accompagne de manière pluridisciplinaire les agriculteurs désireux de changer leur système, des conseillers experts à la fois en conventionnel et en bio, et la priorité à la viabilité économique. Toutefois, il alerte les parlementaires sur la nécessité de mener des politiques durables : il n’y a plus de maintien en bio alors même que les filières ne sont pas encore suffisamment organisées localement. Ce qui pose la question des déconversions.

 

…et structurer de nouvelles filières locales en lien avec les demandes sociétales

Autre volet soutenu par l’impôt, la recherche de valeurs ajoutées dans les activités de diversification, dont est en charge Martine Cordel, vice-Présidente : « lors de la dernière formation « 21heures », 8 jeunes sur 10 avaient des projets de diversification». Créer des filières diversifiées demande beaucoup d’énergies : l’enjeu c’est la contractualisation. On ne reviendra pas dans ces colonnes sur la filière poulet de chair label rouge, débutée il y a cinq ans et dont les résultats se mesurent aujourd’hui. La CA57 accompagne aussi de nouvelles productions. Des projets sont en cours : filière laine, filière œufs, filière lait de chèvres. La priorité numéro 1 annoncée par Xavier Lerond est la filière maraichage de plein champ, en lien avec les projets alimentaires territoriaux (PAT).

L’impôt est aussi un levier pour promouvoir l’alimentation locale dans les appels d’offres de la RHD. Pour cela la Chambre d’agriculture travaille déjà avec Metz Métropole. « Il faut un travail en concertation. Le risque si les communautés de communes décident pour l’agriculture du futur est de s’éloigner encore un peu plus des réalités. C’est important de dialoguer» rappelle Xavier Lerond.

L’impôt c’est aussi la forêt, la valorisation des boues, l’urbanisme…« La CA57 est consultée sur les questions d’urbanisme en lien avec les intérêts agricoles. Ces travaux prennent du temps. Comment mener à bien cette mission sans soutien financier ? » interroge Jean-Marie Guerber, vice-président de la CA57.

Pour conclure ces premiers échanges, Xavier Lerond a porté la parole des agriculteurs : « On veut vivre de notre métier. Il faut que les politiques publiques tiennent compte de la ruralité ».