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Sabots de bronze: le challenge Bovins croissance départemental

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De gauche à droite : Pierre Weissenbach, Etienne Girard, récompensés par Benoît Oster éleveur représentant Bovins Croissance

Le 12 avril dernier, sur l’exploitation EARL de la Croix de Mission chez Etienne Girard à Jallaucourt, s’est tenue la réunion annuelle Bovins Croissance.

Ce rendez-vous  entre éleveurs et techniciens viande de la Chambre d’agriculture de la Moselle est l’occasion de remettre les sabots de Bronze et d’aborder plusieurs sujets techniques. D’abord, les résultats de croissance sur l’année écoulée, race par race, et une comparaison du département de la Moselle à la zone 3 CE qui comprend l’Alsace, la Haute Marne et la Moselle. Le thème technique des boiteries en élevage allaitant a été abordé.

Le challenge Bovins Croissance

Le sabot de Bronze récompense chaque année un éleveur en race charolaise et limousine. En effet, un minimum de 10 élevages dans la race concernée est nécessaire afin d’activer ce classement.

Ce classement prend en compte les critères suivants :

  • le niveau génétique du cheptel à travers l’index de synthèse au sevrage (ISEVR) et l’index de synthèse des qualités maternelles (IVMAT)
  • la technicité de l’éleveur est également évaluée à travers la productivité, le taux de mortalité, l’intervalle vêlage-vêlage et le poids âge type à 210 jours
  • le dernier paramètre entrant dans le calcul est l’implication de l’éleveur dans l’intégration des données de performances (poids/âge/type et pointages) dans la chaîne vaches allaitantes.

En race charolaise, Etienne Girard est lauréat avec une note finale de 113,2 points.
En race limousine, l’élevage de Pierre Weissenbach à Fraquelfing est lauréat avec une note finale de 114.8 points.

Ci-dessous les 5 premiers de chaque race :

Les performances  2018

La campagne fourragère 2018 est qualifiée d’année atypique, tant le contraste de réserve hydrique entre la fin d’hiver et le début de l’automne est énorme ! Les premières pesées de début d’hiver affichent de bons résultats, notamment grâce aux fourrages récoltés durant l’été 2017, peu quantitatif, mais de très bonne qualité. Le printemps 2018 a été propice à un bon démarrage des pâtures, et ceci jusque fin juin, ce qui a permis de reconstituer de gros stocks de foin mais de qualité très moyenne car récoltés tardivement (après le stade floraison). Les trois premiers mois de pâtures ont été très bénéfiques pour les croissances des veaux et pour la remise en état des vaches.

Au début du mois de juillet, la météo a vite évolué vers de grandes périodes de sécheresse accompagnées de canicule et ceci jusque début octobre. Malgré tout, les veaux ont maintenu une  bonne croissance à condition d’être complémentés. Une grande période d’affouragement en pâture commence pour se terminer qu’à la fin de la campagne. Les troupeaux arrivant en fin de gestation se sont véritablement amaigris tout comme les stocks fourragers, ceci annonçant des débuts de lactations à venir très médiocres.    
  

Moyenne des performances race par race sur la zone 3 CE

Niveau génétique par race

 

Les boiteries en élevage allaitant 

Les boiteries en élevage allaitant représentent la troisième pathologie. Les conséquences peuvent être directes ou indirectes avec des taux de réformes qui varient énormément entre les élevages. 

 

Les causes de boiteries peuvent êtres diverses et multifactorielles :

- l’alimentation joue un rôle important dans la qualité des aplombs. En soignant ces apports minéraux (surtout iode, zinc, cuivre, vitamine A), en étant régulier et précis dans la distribution des différents fourrages et concentrés et en évitant les amaigrissements trop violents de son cheptel, l’éleveur peut éliminer beaucoup de problèmes. Sans oublier la qualité de conservation des aliments ! En effet, des fourrages mal conservés peuvent entraîner la production de toxines pouvant se concentrer dans les aplombs.

- l’environnement est un élément à ne pas prendre à la légère ! Le logement des animaux doit être adapté à un chargement, des curages réguliers des cases. Les chemins d’accès des parcelles doivent êtres stabilisés et les accès des râteliers régulièrement curés.

- la génétique : la qualité des aplombs est un caractère héritable, et doit être sélectionné au même titre que les performances de production.
 

ET EN 2019…

Les premières pesées de cette campagne étaient assez mauvaises, proches des performances de 2017 (en moyenne, 100 à 120 grammes de moins sur les mâles jusqu’au 15 mars).

Sur les deuxièmes pesées, on constate une forme de compensation, avec des croissances de 1400 g/j en moyenne jusqu’à 2 kg avec de l’aliment à volonté. L’intérêt économique d’une forte complémentation n’est pas démontré. Une bonne croissance à la première pesée (120 jours) permettra toujours de limiter la consommation de concentré jusqu’au sevrage.

Le bénéfice est triple :

- sur l’état des vaches, en améliorant les résultats de reproduction, ainsi que leur capacité à fournir un lait de qualité
- sur le veau, une bonne croissance sous la mère permettra un moindre coût de complémentation par la suite
- dans la conduite du pâturage, en bénéficiant de repousses pour la période estivale.

La bonne gestion du système fourrager (récolte de fourrages de bonne qualité et adaptation du chargement à la pousse de l’herbe) est primordiale en système allaitant.

Equipe viande - Service Elevage
Tél : 03 87 66 12 46 et sur www.facebook.com/bovinscroissance.moselle.5

 

L’exploitation : EARL DE LA CROIX DE MISSION

L’exploitation de polycultures élevage élève 80 vaches allaitantes de race charolaise en système naisseur engraisseur. Les vêlages sont concentrés sur 3 mois, d’octobre à décembre. La ration hivernale des vaches en production est composée d’enrubanné de prairie naturelle, foin, maïs ensilage et enrubanné de luzerne pour corriger la ration. Ainsi, l’objectif de l’éleveur d’autonomie de son troupeau de vaches nourrices est atteint. Les mâles sont engraissés en ration céréales produite sur l’exploitation et correcteur azoté tout comme les génisses grasses. Les vaches et les génisses sont inséminées à 100 % et aucun taureau de rattrapage n’est utilisé. Les résultats de reproduction sont très bons, IVV moyen 370 jours. Etienne Girard a présenté tous les moyens utilisés afin d’obtenir de tels résultats  (Sélection des souches fertiles, Heat Time, cyclage de vaches, diagnostic des cycles ovariens des vaches…). En 10 ans, le troupeau a gagné en performances l’équivalent de 10 kg /an sur les poids de carcasses des vaches de réformes, sans pour autant perdre les qualités d’élevage tel que, les aptitudes à vêler et la facilité de naissance ! L’éleveur insiste sur le fait que ce progrès est bien entendu le fruit de son travail, mais également d’un travail collectif mené avec les différents organismes qui l’ont conseillé (Chambre d’agriculture, Elitest, Herd Book Charolais, Lorca Elevage, Bovins Croissance)