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Subvenir aux besoins des ovins après la sécheresse de cet été : réaliser son bilan fourrager

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Certains éleveurs ont été obligés de rentrer les animaux au mois d’août car les prairies étaient complètement sèches. Une majorité d’entre eux a également déjà utilisé une partie des stocks hivernaux. La deuxième coupe étant très rare voire inexistante à certains endroits et la question étant de savoir si l’hiver ne sera pas trop long, la question des besoins des animaux trotte dans les têtes de beaucoup d’éleveurs. Voici quelques conseils pour faire avec.

L’achat de concentré est plutôt resté comme une option avec une vente d’agneaux plus légers.
Il est donc très important de réaliser un bilan fourrager, et donc évaluer les stocks disponibles par rapports aux besoins des animaux présents sur l’exploitation.

Savoir évaluer les besoins des animaux

Dans un premier temps, il faut savoir que chaque catégorie d’animaux n’a pas les mêmes besoins. Les différences peuvent être importantes entre une brebis suitée, une gestante, une vide, un bélier en lutte ou au repos ou les agneaux.
Il faut également estimer le nombre de jours nécessaires d’affouragement que ce soit en bâtiments ou dans les pâtures. A noter qu’en moyenne, les brebis consomment 320 kg MS pour les systèmes bergeries avec 180 jours en bâtiment et 220 kg MS pour les systèmes herbes avec 120 jours en bâtiment.

Les recommandations sont les suivantes :
- brebis vide ou début de gestation : 1.5 kg MS/j
- brebis ou agnelle en fin de gestation : 1.1 kg MS/j
- brebis ou agnelle en lactation : 2.2 kg MS/j
- agnelle à l’entretien ou début de gestation : 1.1 kg MS/j
- béliers : 2 kg MS/j
- agneaux : 30 à 40 kg MS jusqu’à la vente.

En soustrayant les besoins calculés aux stocks de fourrages, vous obtenez votre bilan fourrager. S’il est négatif cela signifie qu’il n’y aura pas assez de fourrage en stock et qu’il faut trouver une solution avant la fin de l’hiver.

Savoir gérer le déficit fourrager

Si le bilan est négatif il faut trouver une bonne stratégie en sachant prioriser les animaux les plus productifs sur l’exploitation. Pour cela, voici quelques conseils.

Il faut garder les fourrages de qualité pour les brebis en fin de gestation et en lactation. C’est une catégorie d’animaux à fort besoin énergétique. Si les brebis sont en état et qu’elles ont suffisamment d’énergie elles pourront mettre bas des agneaux plus gros et vigoureux à la naissance mais également les allaiter correctement.

La mise en lutte est une période clé qui conditionne le revenu de demain. Un flushing adapté joue sur la prolificité. Cette suralimentation débute généralement un mois avant la lutte (à nuancer selon l’état corporel) et se poursuit pendant celle-ci. Les brebis ont alors des besoins qui augmentent de 0,3 UF par rapport à l’entretien et il faut leur réserver les fourrages de bonne qualité, éventuellement complémentés de 200 g de céréales à 400 g pour les plus maigres. Le maintien de la suralimentation pendant la lutte, puis sa diminution, ont pour effet de limiter la mortalité embryonnaire. Une complémentation minérale et vitaminique (A, D3, E) à cette période est aussi une bonne précaution.

Les analyses de fourrage permettent de réaliser des économies en concentré et en fourrage : il est conseillé en cas de doute de faire des analyses fourragères et des rations afin de valoriser au maximum son fourrage et ses concentrés et ainsi ne distribuer que ce que les animaux ont besoin sans gaspiller.

Une substitution avec de la paille appétente est adaptée pour les agneaux à l’engraissement ou les brebis à l’entretien si une auge est disponible pour la distribution des concentrés.

Afin d’adapter au mieux la préparation à l’agnelage et de limiter les frais d'alimentation, l'échographie des brebis 45 jours après le retrait des béliers permettra de retirer les brebis vides du lot et d’adapter la préparation à la mise bas des gestantes en fonction de leur état corporel et de la taille de portée. L’alimentation d’une brebis non diagnostiquée vide représente un coût d’environ 7 €.

Les agnelles sont l’avenir du troupeau. Leur croissance doit être assurée par une complémentation rationnée. Une impasse sur cette catégorie d’animaux entraîne un vieillissement inéluctable du troupeau et une baisse de la productivité. Il ne faut donc pas négliger leur alimentation.

Enfin, trier les réformes, si cela n'est pas déjà fait, permettra de se débarrasser le plus rapidement possible des brebis improductives et à problèmes qui consomment inutilement du fourrage.

Tania KÖRNER, conseillère ovins viande, Service élevage
Tel : 03 87 66 12 46 ou  06 80 61 85 80
Mail : tania.korner@remove-this.moselle.chambagri.fr